mardi 17 mars 2009

Plan de mandat de Maurice Vincent : plus de questions que de réponses

Dans quelques jours, l’actualité sera marquée par le bilan de la première année de Maurice VINCENT, comme maire de Saint-Etienne. L’association « les amis de la voix des stéphanois » prolonge l’action de la liste municipale que j’ai conduite et qui a regroupé, sur notre projet pour Saint-Etienne, près de 11 000 suffrages. En partenariat avec cette association, une rencontre, en ce mois anniversaire, est programmée le mardi 24 mars, dès 19h30, au restaurant « le Ninkasi », 10, place Jean Jaurès. Vous y êtes cordialement invités.
Mais en attendant ce bilan, l’heure est au commentaire du plan de mandat rendu public par Maurice VINCENT et son équipe pour les cinq années qui viennent. Avec mes collègues et amis élus Renée DUMONT et Denis CHAMBE, nous l’avons étudié avec attention et nous ne pouvons que constater que ce document soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses.
Nous l’attendions avec beaucoup d’impatience et son absence avait en partie conditionné notre rejet du budget 2009 de Maurice VINCENT, compte tenu du manque évident de perspectives. Ce n’était cependant pas la seule raison de notre vote négatif ; le point le plus fort étant notre refus de cautionner l’augmentation de la fiscalité locale de 7,5%. C’est énorme en cette période de crise et nous appelions de nos vœux un meilleur étalement dans le temps, de cette progression . Il est certes de bonne guerre de faire supporter le plus gros de l’effort lors du premier exercice mais ce sont les stéphanois qui sont pénalisés. Cette graduation aurait d’ailleurs été tout à fait possible puisque nous apprenons (et c’est d’ailleurs la seule vraie info de cette présentation de plan de mandat !) que l’augmentation sur les 6 ans, ne sera que de la moitié au plus du taux de 25% avancé par le cabinet d’audit Ressources Consultants Finances.
Dans le détail, nous tenons à reconnaître , tout d’abord, en vérité, qu’il y a des points positifs dans ce plan de mandat, comme la volonté, évoquée plus haut, d’assainir les finances locales, de sécuriser la dette( même si nous estimons qu’il a trop été question de nos difficultés budgétaires dans les médias, y compris nationaux, et que cela a inévitablement nui à l’image de la ville). Il est aussi appréciable que les enveloppes consacrées à la proximité comme celle pour la voirie ou les conseils de quartier aient été augmentées. Nous avions signalé ce manque de priorités lors du dernier mandat au profit d’une politique de prestige oubliant les quartiers. Des actions fortes sont prévues pour le handicap, l’éducation, la jeunesse, l’aide aux plus démunis, le plan de circulation, la renégociation de concessions, le développement durable…Nous les soutiendrons sans état d’âme.
Mais à la lecture de ce document « plan de mandat », nous avons été surpris de lister de nombreuses absences sur des sujets qui avaient pourtant fait l’objet de promesses électorales, comme s’il fallait éviter les sujets qui fâchent. Il est vrai que la majorité de Maurice VINCENT est plurielle et qu’il ne doit pas être simple, au quotidien, de « maintenir la paix sociale » ! C’est ainsi que la question des squats ou des gens du voyage est totalement éludée.
De même, pas un mot sur la vente du patrimoine communal qui suscita une émotion compréhensible à la lecture d’une liste de nombreux bâtiments auxquels les stéphanois sont attachés, mis sur le marché...Il n’est rien dit sur le devenir du site de la Charité, de la caserne Chavanelle (après le départ des pompiers sur Séverine), de la patinoire municipale, de l’Hôtel des Arts(puisque le centre d’interprétation du patrimoine se fera dans la maison François Ier), de l’ex résidence de l’Ensoleillée, du projet de Boulevard des Champs, de la politique des cimetières (qui n’est certes pas très « médiatique » mais qui correspond à une compétence exclusive de la commune et qui touche hélas, un jour ou l’autre chaque famille). Il y a en ce dernier domaine une étude prospective à mener, dont la forte incidence financière est évidente. Il en est de même pour l’entretien des édifices religieux construits après 1905 et non cités dans le document.
D’autre part, lors d’une de ses premières visites à Montreynaud, le maire s’était ému de la valeur locative trop élevée de certains logements et s’était engagé à intervenir auprès des services fiscaux pour que soit revue la question de la « zone résidentielle », en tenant compte des difficultés du quartier. Par ailleurs, on ne trouve plus dans le document de projets concernant le recrutement d’emplois aidés nouveaux, en lien avec l’Etat. Cela fut pourtant annoncé avec force lors des vœux du maire à la population et au personnel municipal. Quelle surprise aussi, dans le chapitre consacré à l’Opéra Théâtre de ne voir aucune allusion au projet d’Etablissement Public de Coopération Culturelle (EPCC), pourtant annoncé pour début 2010 !
D’autre part, dans plusieurs domaines, on peut regretter que le maire n’aille pas plus loin. C’est le cas tout d’abord au niveau de l’intercommunalité. Il y a toujours un manque de lisibilité de l’action économique dont la gouvernance n’est que peu améliorée. De plus, on n’évoque pas la possibilité de nouveaux transferts comme celui du Musée d’Art et d’Industrie ou de la Mine. Et que dire de la baisse d’ambition par rapport à la campagne électorale. Maurice VINCENT parlait alors de se battre pour étendre Saint Métropole à d’autres communes dont Andrézieux Bouthéon. Aujourd’hui, on n’évoque qu’un simple partenariat dans le cadre du Schéma de Cohérence Territorial, le fameux SCOT !
Concernant les ressources humaines, que de vœux pieux ! Qui, en effet ne pourrait pas souscrire à la volonté municipale d’intensifier le dialogue et l’écoute, la lutte contre les discriminations, la reconnaissance des valeurs professionnelles ou l’amélioration des conditions matérielles de travail ? Mais on attendait des chiffres précis sur les effectifs. La municipalité entend elle les maintenir ? Les augmenter ? Certes, il s’agit d’un sujet sensible et qui nécessite du courage. Malgré tout, ce sont les questions qu’un maire doit se poser le premier jour où il s’assoit sur le fauteuil de premier magistrat. Un an après, il doit, à notre sens, avoir des réponses. Ce n’est pas la cas et bien évidemment, la perspective de lancer une instance d’évaluation des politiques publiques ainsi qu’une enquête de satisfaction, ne nous semblent pas à la hauteur des enjeux.
Dans un autre ordre d’idées, le tout petit geste adressé aux anciens combattants ne nous a pas échappé. Nous demandions pour eux la gratuité des transports en commun, comme cela se fait dans plusieurs autres agglomérations et nous lisons, au détour d’un paragraphe consacré au troisième âge qu’il n’y aura, en fait que quelques tickets STAS offerts ! Soit on reconnaît ce que l’on doit à nos aînés dont les sacrifices nous permettent de vivre libres aujourd’hui, soit on ne fait rien mais proposer cette demi mesure est choquant.
Enfin, concernant la question de la démocratie participative, nous avons apprécié que tous les stéphanois puissent assister aux réunions dans les quartiers, même si nous pointons du doigt les difficultés de cette ouverture large. Le bilan prévu tous les deux ans devra nous éclairer. On peut cependant reconnaître quelques couacs de cette concertation : localisation de la piscine Marandinière, suppression de la circulation place Jacquard, projet des Ursules ou de la place de Monthieu…Nous pensons par ailleurs que le maire ne doit pas être frileux et qu’il doit mettre en adéquation ses paroles et ses actes, en lançant, le plus souvent possible, des consultations directes. Il a prévu de le faire pour la tour Plein Ciel de Montreynaud (démolition ou maintien avec valorisation d’un projet artistique ?). C’est bien mais pourquoi refuse-t-il de faire trancher la question du prix de l’eau par un référendum d’initiative locale ? C’est pourtant un des sujets qui engagent l’avenir de nos concitoyens et dire que c’est trop compliqué, que les stéphanois ne comprendraient pas la complexité d’un tel dossier et que c’est l’affaire des élus…me semblent traduire un manque de confiance que nous dénoncerons en espérant convaincre Maurice VINCENT afin qu’il change d’avis.
Sur ce point, comme sur tous les autres évoqués ici, nous sommes tout à fait dans notre rôle d’opposants qui se veulent constructifs et désireux d’être utiles à leur ville. Nous aurions pu évoquer des dizaines d’autres sujets soulevés par ce plan de mandat mais nous avons encore cinq ans pour cela ! Notre but n’est pas, comme d’autres, d’attendre et d’espérer les fautes de l’équipe en place afin d’en récupérer les dividendes en 2014. Saint-Etienne ne peut se permettre de perdre ce temps précieux. C’est la raison pour laquelle, nous espérons être écoutés et entendus