lundi 24 mars 2008

Conseil municipal du 21 mars 2008

INTERVENTION DE GILLES ARTIGUES, AU NOM DU GROUPE « LA VOIX DES STEPHANOIS ».
CONSEIL MUNICIPAL DU VENDREDI 21 MARS 2008.
Nous intervenons, ce soir, pour la première fois, au nom du groupe municipal, « la voix des stéphanois ».
Nous avons pris acte de la forte volonté de changement exprimée par les habitants de notre ville. Les électeurs ont tranché. Maurice VINCENT a été élu démocratiquement. Dans l’intérêt de Saint-Etienne, nous lui souhaitons de réussir.
Comme lui, nous appelions à une rupture, à la prise en compte de nouvelles priorités, à la mise en place d’une gouvernance plus transparente…
Sur ces thèmes, notre liste a recueilli 11 154 voix, lors du premier tour de l’élection municipale. Une loi électorale plus juste, plus respectueuse des rapports de force, aurait dû nous donner, avec plus de 20% des suffrages, une bien meilleure représentation, au sein de cette assemblée. Mais vous verrez que ce n’est pas au nombre d’élus que l’on mesure la force du message et des convictions.
Avec un électeur sur cinq, sans le soutien d’une des deux « machines » politiques, avec de bien plus faibles moyens, nous avons suscité une réelle adhésion à nos idées et à notre projet.
Désormais, rien ne sera plus comme avant à Saint-Etienne. Cette troisième force, née il y a seulement quelques mois, ne peut que progresser, à l’avenir.
Cela nous motive et nous encourage à poursuivre notre action, avec détermination. Au-delà des clivages politiques, de la stérile opposition entre la droite et la gauche, cette volonté de rassemblement n’est pas seulement une philosophie mais une nécessité pour notre ville. La moitié des stéphanois ne doit pas continuellement affronter l’autre… Dans cet esprit, notre groupe souhaite avoir une attitude constructive. Nous ne nous plaçons donc pas, d’emblée, dans une majorité enthousiaste et béate, toujours d’accord sur tout… A l’inverse, nous n’avons aucune envie de mener, dès ce soir, une opposition systématique, bête et méchante.
Sur chacun des dossiers présentés, nous en étudierons la pertinence. Si les projets vont dans le sens de l’intérêt des stéphanois, nous les voterons et dans le cas contraire, nous l’exprimerons également avec la liberté et l’indépendance que nous donne notre positionnement.
Nous serons particulièrement attentifs à ce que soient traduites, en actes, les promesses formulées, au cours de la campagne électorale. Nous nous engageons à être très présents sur le terrain pour en faire le constat. Nous continuerons à porter les attentes de nos concitoyens.
L’équipe municipale a le devoir d’être proche des stéphanois, dans leurs quartiers, soucieuse de leur vie quotidienne.
Pour autant, cela doit se faire parallèlement, avec la volonté d’une grande ambition pour Saint-Etienne, en particulier, en matière environnementale et économique.
En tous domaines, l’humain doit primer sur le béton.
Quant à la transformation et la modernisation de la ville, elles ont l’obligation de se poursuivre mais, ni à marche forcée, ni sans les stéphanois et surtout, avec la confiance retrouvée des agents municipaux qui attendent d’être respectés et considérés.
Enfin, nous souhaitons nous adresser au futur maire. Monsieur VINCENT, en ce début de mandat, nous voyons poindre deux dangers, deux écueils :
En premier lieu, cela tient au fait que votre parti politique dispose de presque tous les pouvoirs locaux  : la région, la plupart des grandes communes de Loire Sud, une majorité confortable qui se profile à l’agglomération, deux députés et cinq des neuf conseillers généraux stéphanois... Attention de ne pas vous enfermer dans vos certitudes, en refusant d’écouter ceux qui pensent autrement et ceci d’autant plus que votre élection a été acquise, à la faveur d’une triangulaire. Quand on a le pouvoir absolu, le risque est grand de se tromper absolument !
D’autre part, votre majorité est constituée d’un regroupement de partis aux visions parfois divergentes. Prenez garde de ne pas dénaturer votre projet sous la pression de vos alliés. La tentation existe de succomber à la surenchère pour maintenir la « paix sociale », dans votre équipe. Ne reproduisons pas les blocages que l’on déplore, par exemple, dans l’exécutif Rhônalpin…
Il est de notre devoir, en ces instants où s’ouvre une page nouvelle pour Saint-Etienne, de fixer notre ligne de conduite pour les six ans qui viennent, mais aussi d’exprimer ces inquiétudes.
Nous faisons confiance, Monsieur VINCENT, à votre sens de l’intérêt général, à votre attachement au pluralisme et au respect de vos engagements électoraux.
Dans l’attente de vos premières décisions, le groupe « la voix des stéphanois », en toute logique, adoptera une abstention bienveillante, pour le vote du maire et des adjoints.