Dans un courrier adressé ce jour à Maurice VINCENT, Gilles ARTIGUES, Conseiller municipal et général de Saint-Etienne, demande au Maire de Saint-Etienne de « reconnaître son échec et d’arrêter les dégâts dès maintenant ». Il qualifie la piétonisation du centre-ville de « projet mal ficelé, imposé sans véritable concertation, une fausse bonne idée ! ».
« Vous aviez présenté ces changements comme étant la panacée, une avancée en termes de fluidité de circulation, de lutte contre la pollution urbaine et de dynamisation du commerce local. Il n’en est rien. », écrit le Président du groupe municipal « la voix des stéphanois », en argumentant :
« Alors que les stéphanois reprennent leurs habitudes en cette rentrée, ils se trouvent confrontés à de multiples difficultés. Devant la complexité et l’impossibilité de pénétrer dans le plateau piéton, ils fuient le centre-ville, préférant consommer à la périphérie. Et bien sûr, en plus, l’espoir s’enfuit de voir enfin revenir une clientèle extérieure ayant déjà renoncé à rendre visite aux commerçants stéphanois. Ces derniers sont désespérés et se sentent peu écoutés et bien mal récompensés des efforts qu’ils ont consentis depuis de nombreuses années. Leur chiffre d’affaires ne cesse de baisser et le nombre grandissant de pas de porte vacants est là pour l’attester chaque jour.
La période de mise en place d’un tel projet me semble fort mal choisie. Nous vivons une crise sans précédent. Ce n’est pas au moment où le pouvoir d’achat est de plus en plus limité que l’on bouleverse ainsi les habitudes des gens au point de les dérouter aussi fortement.
Il ne se passe pas une journée sans que les bornes que vous avez installées soient détruites accidentellement. A combien va s’élever la note pour les contribuables stéphanois ? Par ailleurs, plusieurs points de votre plan de circulation sont des aberrations comme à Fourneyron ou rue de la Résistance où règne l’incompréhension totale. L’activité des chauffeurs de taxi souffre grandement de vos décisions arbitraires.
Cette piétonisation aurait pu avoir un sens si vous aviez tout d’abord rendu attractif notre centre-ville. Vous avez mis la charrue avant les bœufs ! Il aurait fallu attendre que les aménagements des places de l’Hôtel de Ville et Dorian aient été réalisés et surtout vous n’auriez dû entreprendre aucun changement radical de cet ordre avant qu’une ou plusieurs grandes locomotives commerciales ne viennent s’installer en centre-ville. Votre report lointain du projet des Ursules va justement tout à fait à l’opposé de cet objectif. Malgré tout, les friches commerciales, hélas ne manquent pas et nous sommes inquiets de votre silence sur ce sujet qui devrait pourtant vous mobiliser. Quand s’installeront de grandes enseignes nationales qui pourraient ainsi créer une réelle attractivité et attirer une nouvelle clientèle ?
Le centre-ville se meurt. Le chiffre d’affaires des commerçants est en chute libre…Combien de rideaux vont ils encore baisser définitivement ? La situation est préoccupante mais peut-être pas encore désespérée. C’est pourquoi, je vous demande avec solennité de renoncer à ce projet de piétonisation. On se grandit en politique en reconnaissant que l’on s’est lourdement trompé. L’entêtement, le passage en force ne mènent à rien. Arrêtons les dégâts dès maintenant ! Vous serez de toute manière contraint à faire marche arrière mais le plus tôt sera le mieux. Ecoutez votre opposition, prête à collaborer avec vous sur ces questions où doit primer l’intérêt général ou à défaut, écoutez les stéphanois qui en grande majorité dénoncent votre échec et attendent de vous une décision raisonnable, en phase avec la réalité de leur ville. »