Lors du conseil municipal de ce lundi 30 Mars, Gilles ARTIGUES, conseiller général et municipal de Saint-Etienne, Président du groupe municipal “ la voix des stéphanois ” est intervenu pour évoquer le récent rapport de la Chambre régionale des comptes, à propos des relations entre le club stéphanois et les collectivités locales . Il répond ainsi aux propos tenus par Maurice VINCENT, en conférence de presse, précédent ce conseil :
" De mémoire de Chambre régionale des comptes, aucun autre de ses rapports, n’avait fait l’objet d’autant d’attention de la part des stéphanois. Ils se sont transmis, ce week-end encore, en nombre, par voie de photocopies, le fameux document, pourtant technique et complexe. Par le passé, cette respectable institution avait, plusieurs fois, émis des recommandations, épinglant les municipalités sur leur gestion ou leurs prises de décision et ceci, dans une plus grande indifférence.
Rien d’étonnant à cela, compte tenu de la place qu’occupe notre club de football, dans le cœur des stéphanois. Quand l’ASSE tousse, c’est toute la ville qui est malade et lorsque le club gagne, le moral des stéphanois s’en trouve revigoré. Certes, tout le monde ne s’intéresse pas au foot mais personne ne peut ignorer le phénomène et ses conséquences, en particulier sur notre économie locale. Il est vrai et on peut le regretter qu’aucun autre événement ne fait parler autant de Saint-Etienne, au niveau national, en particulier, chaque week-end de match.
Le monde politique est conscient de ces enjeux et il est de bon ton pour un maire de s’afficher en tribune officielle ou aux côtés du joueur le plus populaire du moment. Maurice VINCENT ne fait pas exception et l’empressement avec lequel il a communiqué, suite à la publication du rapport de la chambre régionale des comptes est édifiant : il précise qu’il n’y pas de remise en cause de l’aide des collectivités qu’il préside mais simplement d’ " ajustements nécessaires à réaliser en concertation avec le club " et qu’il était " absurde de parler de conflit entre les présidents et lui-même et encore moins de guerre ", comme cela avait pu être hâtivement écrit.
En réalité, l’influence des collectivités sur les clubs a fortement évolué, à la baisse, ces dernières années et les aides apportées sont très faibles comparativement aux recettes perçues par le sponsoring ou les droits télévisés. Le rapport parle, pour la période 2002/2007, d’un montant d’aides publiques versées au groupe sportif représentant, selon les années, de 4 à 7% du chiffre d’affaires ! Cette proportion particulièrement faible se doit de respecter les plafonds réglementaires.
En fait, la survie du club n’est pas suspendue au montant de subventions ou achats de prestations de la ville ou de l’agglomération. Il n’en a pas toujours été ainsi. Il ne faut pas oublier, entre autres, l’action déterminante de 1996 lorsque fut créée la société anonyme d’économie mixte sportive ASSE LOIRE formée entre la Ville, le Conseil général, l’Association sportive et une multitude de porteurs privés. A ce moment là, soit la collectivité mettait la main à la poche, soit le club disparaissait dans l’anonymat, comme ce fut le cas pour le " Grand Reims ", en son temps.
Mais aujourd’hui, nous ne pouvons faire l’impasse du contexte nouveau, lié à la situation financière tendue de la ville et à la réalité du football professionnel qui veut que le commercial prime sur le sportif . Il n’est donc pas scandaleux de demander à tous de faire des efforts, spécialement à ceux qui en ont le plus de moyens. Nous n’entrerons pas dans la polémique des dividendes, versés aux actionnaires entre 2007 et 2008. Nous nous contenterons de rappeler l’augmentation des impôts locaux, de 7,5%, en une seule année, à Saint-Etienne ! Dans ces conditions, même s’il n’y avait pas eu ce rapport de la Chambre régionale des comptes, nous aurions posé la question de la participation financière de la ville et de l’agglomération pour notre club.
Nous demandons donc au maire et président de Saint-Etienne Métropole des réponses concrètes. Il n’est pas dans notre volonté de supprimer toute aide à l’ASSE mais d’être plus rigoureux dans leurs attributions.
C’est ainsi que, sans tabou, nous avons demandé au maire le manque à gagner pour la collectivité, de l’exonération de taxe sur les spectacles. Si elle venait à être perçue de nouveau, on peut supposer que le prix du billet augmenterait mais ce serait davantage le " consommateur ", plus que le " contribuable " que l’on solliciterait. Ce serait à notre sens plus juste car tout le monde ne va pas au stade et de plus, un nombre important de spectateurs ne sont pas stéphanois. Maurice VINCENT ne souhaite pas suivre cette piste d’économies. Nous le regrettons.
La ville doit, en tous cas, s’assurer de l’emploi réel des subventions, autrement que par la simple transmission de bilans annuels. Il lui faut mettre en place des moyens de vérifications du coût des actions déployées dans le cadre des missions assignées.
Le prix de location du stade, actuellement sous évalué, doit être revu. Nous l’exprimerons dans les débats, au sein de l’agglomération.
Nous devons exiger que la promotion de la Ville soit davantage faite à travers les actions de communication du club .
Le centre de formation de l’Etrat, au fil des années, a perdu de son côté " multisports ", au profit exclusif du club. Sa vente à l’ASSE est évoquée. Si elle intervient, cette opération doit être fortement bénéficiaire pour la collectivité. Dans le cas contraire, nous nous y opposerons.
Enfin, il est primordial que soit respecté l’engagement pris par le club, en tant que locomotive, de conduire des actions, avec les joueurs professionnels, dans nos quartiers. Ces six opérations annuelles seraient d’ailleurs profitables à tous et pas seulement aux jeunes amateurs qui se donnent à fond, mouillant, de manière désintéressée et loin de considérations d’argent, le maillot dont ils sont fiers.
Enfin, nous ne pouvons nous empêcher d’évoquer l’avenir du stade Geoffroy Guichard. Le maire de Saint-Etienne, président de Saint-Etienne Métropole doit trancher entre les deux hypothèses principales. Nul doute que ce rapport influera sur le choix final qui tarde, lui aussi, à arriver. Si l’agrandissement du stade actuel semble avoir les faveurs de Maurice VINCENT, ce dernier est plus que flou sur la possibilité ou non d’obtenir des subventions, de l’Etat en particulier, dans le cadre de l’organisation de l’Euro 2016. Nous serons très vigilants sur cet aspect du dossier