vendredi 9 octobre 2009

Gilles Artigues interpelle le préfet

Alors que l’Etat annonce sa volonté de renforcer sa présence dans nos quartiers, Gilles ARTIGUES, conseiller municipal de Saint-Etienne et président du groupe « la voix des stéphanois » s’interroge sur « son désengagement dans le suivi et l’accompagnement de la pratique du culte musulman. Lorsqu’il était ministre de l’intérieur, l’actuel Président de la République s’était fait fort de vouloir « faire sortir l’Islam des caves et des garages »…Au-delà du côté provocateur de cette formule à l’emporte pièces, on ne peut que regretter le fossé entre les paroles et les actes.
Quelles sont alors les raisons qui ont poussé le Préfet de la Loire à ne pas signer le protocole qui prévoyait de régir les relations entre les pouvoirs publics et les associations cultuelles musulmanes de Saint-Etienne ? Fin juin, une délibération relative à l’exercice du culte musulman était retirée à la dernière minute. Nous savons pourtant que lorsqu’un dossier figure à l’ordre du jour, c’est qu’il est abouti. Il y a eu des allers retours nombreux entre la ville et la préfecture sur ces sujets au cours du premier trimestre. La première mouture de ce texte envisageait donc bien une signature commune du préfet, du maire, du président du Conseil Régional du culte Musulman (CRCM) et de toutes les associations stéphanoises y adhérant. L’arrivée comme ministre de l’intérieur de Brice HORTEFEUX, également chargé des cultes, aurait elle eu comme conséquence ce revirement de l’Etat ? La coïncidence est en tout cas troublante. Et à notre grand étonnement, le texte présenté de nouveau à la discussion, ce lundi, ne faisait plus mention de la signature préfectorale et au passage ne concernait qu’une seule association stéphanoise, celle de Montreynaud qui a présenté un projet de construction de lieu de prière. J’ai écrit au Préfet pour lui demander des explications.
Je regrette ce désengagement décevant pour l’association concernée qui avait fait de gros efforts pour rendre ses statuts conformes aux exigences d’un tel protocole : adhésion au CRCM, présence d’imams formés, transparence financière. Bien sûr ces engagements restent présents dans le protocole allégé ainsi que ceux de la ville de Saint-Etienne mais il est regrettable que l’Etat ne s’implique pas davantage pour les faire respecter avec les moyens que lui donnent ses services.
Je me réjouis cependant de l’aboutissement du projet de l’Association Culturelle des Musulmans de Montreynaud et que j’avais toujours soutenu. Dans le respect des règles républicaines et laïques en vigueur, cette demande est tout à fait légitime et correspond à un vrai besoin de proximité comme l’atteste le succès de la souscription faite en direction des fidèles pour financer l’achat du terrain et la construction du bâtiment pour lesquels la collectivité ne peut légalement participer.
Il est bien sûr dommage que cette prise de distance de l’Etat ait eu aussi pour conséquence que l’on ne puisse s’intéresser à l’ensemble des associations cultuelles stéphanoises. En effet, plusieurs d’entre elles se trouvent dans des conditions matérielles pas toujours décentes et sécurisées.
J’ai, par ailleurs, profité de ce dossier pour attirer, en conseil municipal, l’attention du maire de Saint-Etienne sur les perspectives de manque de places dans le carré musulman du cimetière de Côte Chaude. En charge de ces questions, dans le précédent mandat, je m’étais battu pour que l’espace ancien soit digne et qu’un nouveau terrain soit ouvert. En effet, de moins en moins de musulmans sont enterrés dans leur pays d’origine. Je resterai attentif aux suites que le maire donnera à ce dossier.